Bio contrôle de la chenille légionnaire d’automne: coopération vers une gestion régionale et intercontinentale

(À gauche) M Laouali Karimoune, assistant de recherche à l’ICRISAT en compagnie d’autres partenaires dans un champ d’application des ravageurs sur la chenille légionnaire d’automne au Niger.

Des millions de personnes dans le monde dépendent du maïs, la nourriture préférée de la chenille légionnaire d’automne. Ils dépendent également du

coton, du sorgho, du riz et de centaines d’autres cultures que la chenille légionnaire, un nuisible des cultures dévore. La chenille légionnaire d’automne, qui a touché l’Afrique en 2016, est un ravageur destructeur mais résilient – elle prospère dans les climats chauds, se nourrit à tous les stades des plantes, résiste à de nombreux pesticides chimiques, se déplace et se reproduit rapidement. Il n’a fallu que trois (3) ans au ravageur pour infliger plus de 10 milliards de dollars de pertes rien qu’en Afrique. Il réside maintenant dans presque tous les pays d’Afrique subsaharienne et a atteint l’Asie en 2018.

Une solution au problème

Lorsqu’un ravageur se déplace aussi rapidement que la chenille légionnaire d’automne, les mesures pour le contrôler doivent avoir une longueur d’avance sur sa propagation. C’est ainsi que le laboratoire d’innovation de Feed the Future de Virginia Tech pour la gestion intégrée des ravageurs a cherché des moyens de catalyser les programmes et partenariats antérieurs pour lutter contre les ravageurs.

En 2018, la collaboration a impliqué des chercheurs au Niger afin de mettre en œuvre une lutte biologique

augmentative contre la mineuse de l’épi, un autre ravageur qui attaque les cultures de base du pays.

Le bio contrôle augmentatif consiste dans la multiplication de masse et la relâche d’ennemis naturels contre un ravageur nuisible. Pour aider l’équipe nigérienne à améliorer ses compétences en production de masse, le laboratoire d’innovation en lutte antiparasitaire intégrée a soutenu la formation en Égypte d’un technicien de l’ICRISAT.

“À mon retour de cette formation, j›ai montré à mes collègues du Niger comment mieux reproduire et mettre en œuvre le processus”, a déclaré Laouali Karimoune, technicien de recherche à l’ICRISAT. Lors d’essais consistant en la relâche d’ennemis naturels contre la mineuse de l’épi du mil, l’augmentation des rendements a atteint 34 pourcent de la production dans un cas d’infestation.

La chenille légionnaire d’automne avait commencé à bouleverser les communautés agricoles de toute l’Afrique de l’Est, où le laboratoire de lutte antiparasitaire intégrée mène plusieurs autres projets.

Après avoir trouvé sept ennemis naturels potentiels contre la chenille légionnaire d’automne, le programme a porté son dévolu sur deux espèces.

– Trichogramma et Telenomus remus – connues pour être efficaces pour leur efficacité à supprimer les populations de ravageurs en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Sur la base de la collaboration du programme sur la mineuse de l’épi du mil au Niger, le laboratoire d’innovation en lutte antiparasitaire intégrée pourrait reproduire la même méthode de production de masse contre la chenille légionnaire d’automne. En fait, les ennemis naturels des deux ravageurs pourraient être élevés sur le même hôte alternatif, ce qui réduirait les coûts de moitié.

Le pouvoir des connexions et de la collaboration

Le laboratoire d’innovation en lutte antiparasitaire intégrée a envoyé au Niger, Peter Malusi, un technicien du Centre International de Physiologie et d’Ecologie des Insectes (ICIPE) du Kenya, pour apprendre la technique de production en masse des ennemis naturels contre la chenille légionnaire d’automne.

“Avec une invasion de ravageurs comme la chenille légionnaire d’automne, le partage des connaissances nous aide à agir le plus rapidement possible”, a déclaré Muni Muniappan, directeur du laboratoire d’innovation en lutte antiparasitaire intégrée. “La lutte contre le ravageur à l’aide de la lutte biologique réduit l’usage des pesticides chimiques, mais elle est également plus efficace lorsqu’un plus grand nombre de régions participent dans la conduite du processus.”

Malusi a poursuivi sa formation en enseignant la technique de production en masse à des chercheurs de toute l’Afrique de l’Est, ce qui a conduit au développement de nombreux centres dédiés à la production massive d’ennemis naturels de la chenille légionnaire d’automne. Ainsi, les centres ‘satellites’ se connectent avec les petits exploitants agricoles, les exploitants de moyenne à grande exploitations, les chaînes de valeur et les services de conseil agricole et rural afin de les relâcher les ravageurs. Les essais menés au Kenya et en Tanzanie montrent que les deux ennemis naturels introduits par le laboratoire d’innovation en lutte antiparasitaire intégrée ont le potentiel d’éliminer près des trois quarts des œufs de

chenille légionnaire d’automne dans les champs, ce qui aurait un impact significatif sur la sécurité alimentaire dans la région.

Multiplier les connexions

En 2020, le laboratoire a reçu un financement de 1,4 million de dollars sur 3 ans, en collaboration avec le Nepal Agricultural Research Council et International Development Enterprises pour introduire la lutte biologique contre la chenille légionnaire d’automne. Les mêmes ennemis naturels trouvés en Afrique qui attaquent le ravageur se trouvent également en Asie.

Le projet consiste à coopérer avec de grandes exploitations agricoles, des rizeries, des entreprises de production de semences de maïs et de volaille, des coopératives et d’autres pour développer des pôles d’ennemis naturels de masse à utiliser contre la chenille légionnaire d’automne. Plusieurs chercheurs ont déjà été formés à la production de masse.

C’est la première fois que le bio contrôle augmentatif est mis en œuvre au Népal. Alors que la dépendance aux pesticides chimiques augmente dans le pays, avec des impacts importants sur les ressources alimentaires et en eau, le bio contrôle est une alternative saine contre un ravageur aussi redoutable que la chenille légionnaire d’automne.

“Notre instinct initial pour améliorer les capacités scientifiques au Niger a déclenché une réaction en chaîne que nous n’aurions jamais pu prédire”, a déclaré Muniappan. “C’est une preuve précieuse pour la multitude des façons dont la recherche collaborative peut être catalysée pour d’innombrables efforts pour améliorer les moyens de subsistance et la production agricole.” conclut – il.

Sources:

https://www.agrilinks.org/post/biocontrol-fall- armyworm-chain-reaction-led-regional-and-cross- continental-management

https://ipmil.cired.vt.edu/wp-content/ uploads/2020/03/FAW-Chain-Reaction-Success-Story. pdf

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