Des variétés hybrides de mil de l’INERA et ICRISAT rassurent les paysans

Variété hybride. Credit photo M. Magassa – ICRISAT

Des experts de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) en compagnie de ceux de l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) ont visité dans le cadre des projets AVISA et HOPE II financés par la fondation Bill et Melinda Gates, le 2 octobre 2019, des sites de démonstration et de production semencière de variétés d’arachide et de variétés hybrides de mil en station à Gampéla et sur les champs de la compagnie semencière EPAM.

L’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) en collaboration avec l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) a mis en démonstration des variétés d’arachide et des variétés hybrides de mil à Gampéla, à la sortie Est de Ouagadougou. Une équipe des deux instituts est allée constater l’évolution des cultures dans la station expérimentale de Gampéla et dans les champs de la compagnie semencière EPAM, le 2 octobre 2019. Ainsi, les chercheurs ont sillonné le champ de variétés hybrides de mil et celui des variétés d’arachide. Du constat général, le mil est au stade de floraison-maturité. Quant aux variétés d’arachide, elles sont au stage de maturation. Après la visite de ces deux champs, les experts se sont rendus dans le centre semencier de l’Entreprise et promoteur de Produits Agricoles Modernes (EPAM) situé à un jet de pierre de la station de Gampéla. Là, les visiteurs du jour ont pu constater la bonne physionomie de trois variétés hybrides de mil. Il s’agit des variétés IKMH 18001 sur une superficie de 1200 m2, SONU sur une superficie de 1250 m2 et ICMH 177111 sur une superficie 1250 m2. Semées le 12 juillet passé, toutes ces variétés sont au stade de maturation. Ces activités s’inscrivent dans le cadre des projets AVISA et HOPE II financés par la fondation Bill et Melinda Gates. 

Dr. Drabo (à gauche) et Dr. Zida (à droite). Credit photo M. Magassa – ICRISAT

Le sélectionneur du mil à l’INERA, Dr Inoussa Drabo a justifié que la visite entre dans cadre des activités de recherche de l’INERA sur les variétés hybrides de mil et d’autres variétés. En termes de sélection de mil, a-t-il mentionné, chaque année l’INERA développe beaucoup de variétés et de matériels qu’il met en expérimentation pour observer leur expression et faire de la sélection.  

« Nous pouvons mettre en expérimentation une centaine de variétés pour voir la résistance aux maladies, la performance, la physionomie générale, la précocité et nous sélectionnons 10%, les plus performantes. Si nous faisons la sélection au niveau de la station et si le matériel (variété) est performant nous le soumettons aux compagnies semencières pour la production au profit des paysans », a signifié Dr Drabo.

A cet effet, a-t-il fait savoir, l’INERA a pu sélectionner un très bon hybride de mil et qui est bien adapté au Burkina Faso. « Il y a plus de 500 producteurs qui ont pu tester cette variété et nous avons pu contacter plus de 290 producteurs qui étaient favorables à l’adoption de cet hybride. Nous sommes en train de soumettre cette variété pour homologation au Burkina Faso », a signalé l’expert de l’INERA. Cette variété, a-t-il renchéri, a été mise en démonstration avec trois compagnies semencières à savoir EPAM à Gampéla, NAFASO à Bobo Dioulasso et FAGRI à Tanghuin-Dassouri qui sont toutes convaincues de sa performance. Cet hybride est nommé pour le moment IKMH 18001, mais les paysans pourront le baptiser par la suite avec un nom plus expressif qu’ils pourront mieux retenir, a-t-il souligné.

Le chercheur à l’INERA, Elisabeth Zida a apprécié positivement l’évolution des variétés hybrides de mil dans le centre semencier de l’EPAM. « Nous pensons que beaucoup de producteurs vont opter pour cette variété parce que réellement elle produit bien », a-t-elle espéré. L’hybride, a-t-elle expliqué, c’est du matériel issu d’un croisement de deux parents. L’hybride en principe, a-t-elle conclu, est plus performant que les deux parents. 

Kowoma Marc DOH

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